bandeau 1 bandeau 2 bandeau 3 bandeau 4 bandeau 5

Cultures & Cinémas

Vous êtes ici : Accueil > EVENEMENTS CINEMA > Les hommages aux disparu-es > La fille aux yeux d’or a franchi la porte d’or.

La fille aux yeux d’or a franchi la porte d’or.

  • Mis à jour : 4 novembre

Maïtena Douménach, dite Marie Laforêt, chanteuse et actrice française, née le 5 octobre 1939 à Soulac-sur-Mer (Gironde) est morte le 2 novembre 2019 à Genolier (Suisse).

MARIE LAFORÊT

1. BIOGRAPHIE
Maïtena Douménach avec son premier prénom, Maïtena, d’origine basque, ayant la signification d’ « aimée », ressemble au diminutif local de Marie-Thérèse, Maïthé. Le nom de famille de son père, Douménach, est d’origine catalane (équivalent de Domenech). Toutefois, l’artiste s’est plus d’une fois caractérisée elle-même comme « ariégeoise »3.

Enfance et adolescence

Marie Laforêt naît dans la villa Rithé-Rilou de Soulac-sur-Mer, appelée ainsi d’après les noms de sa tante et de sa mère : Marie-Thérèse et Marie-Louise Saint Guily. La famille de son père, l’industriel Jean Douménach, est originaire d’Olette, village des Pyrénées-Orientales, de la vallée encaissée de la Têt4. Son arrière-grand-père du côté paternel, Louis Doumenach, a dirigé à Lavelanet, en Ariège, une entreprise textile (effilochage), et son grand-père a construit des cabanons à Soulac en 1886.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, alors que son père est prisonnier de guerre en Allemagne, Marie, sa sœur Alexandra et leur mère connaissent beaucoup de privations et vivent une vie difficile. En 1998, elle révèle qu’à l’âge de trois ans, elle a été violée à plusieurs reprises par un voisin, épisode traumatisant dont le souvenir est demeuré refoulé et occulté pendant près de quarante ans avant de refaire surface.

Pendant la guerre, les Doumenach trouvent refuge à Cahors et dans la commune des ancêtres, Lavelanet. Après la guerre et le retour du père en mai 1945, la famille vit à Valenciennes, où le père dirige un atelier de constructions ferroviaires, tandis que Maïtena fait sa scolarité au lycée de filles Watteau, jusqu’en cinquième. Ensuite les Doumenach s’établissent à Paris.

Après s’être rapprochée de la religion et avoir réfléchi un temps sur l’idée d’aller au couvent, elle suit à Paris des études au lycée Jean-de-La Fontaine, où elle commence à éprouver un intérêt vif pour ses premières expériences du jeu dramatique, qui ont pour elle un bénéfique effet cathartique.

Carrière professionnelle

Sa carrière commence après qu’elle ait remporté le concours « Naissance d’une étoile », organisé par Europe no 1 en 1959. Elle y aurait remplacé sa sœur au pied levé... Elle y décroche un rôle dans un film de Louis Malle, « Liberté ». Remarquée par Raymond Rouleau, elle fréquente les cours de théâtre de celui-ci. Le projet de film de Louis Malle est en fin de compte abandonné et c’est avec Alain Delon et Maurice Ronet dans « Plein Soleil » de René Clément qu’elle fait sa première apparition remarquée au cinéma.

Les rôles se suivent. Le réalisateur Jean-Gabriel Albicocco (1936-2001) son mari d’alors, la fait tourner dans deux de ses films : « la Fille aux yeux d’or » d’après le roman d’Honoré de Balzac

et « Le Rat d’Amérique », d’après celui de Jacques Lanzmann, avec un autre chanteur-comédien, Charles Aznavour.

En février 1963 sort son deuxième 45 tours, après la BO du film de Marcel Moussy « Saint-Tropez Blues » en 1960, qu’elle enregistre avec son ami d’enfance Jacques Higelin, qui va marquer sa carrière.

C’est l’avènement des « Vendanges de l’amour », gros succès, écrit par Danyel Gérard.

Les succès s’enchaînent : « Frantz » en 1964 (duo avec Guy Béart),

« Viens sur la montagne » et la « Tendresse » en 1964,

« Katy cruelle » et la « Bague au doigt » en 1965,« Marie-douceur, Marie-colère », adaptation de Paint It Black,

« Manchester et Liverpool » et La Voix du silence, version française de The Sound of Silence en 1966.

En 1967, Ivan, Boris et moi est un succès populaire ainsi que « Mon amour, mon ami », puis fin 1968 « Calor la vida »

À la fin des années 1960, elle entame un tournant et souhaite orienter sa carrière vers des titres plus personnels et notamment puisés dans les folklores américains et européens, sorte de « world music » dont elle devient une pionnière en France. Dans cet état d’esprit, elle chante à l’Olympia en 1969 (récital gravé sur disque), à Bobino l’année suivante et au Théâtre de la Ville en 1971-72. Marquant par exemple ce moment est« Le vin de l’été », version française en 1969 de Summer Wine, de Lee Hazlewood.

Cette période située entre 1968 et 1972, est sans doute la plus riche et la plus authentique sur un plan artistique, l’amenant sur les scènes du monde entier. C’est également à cette époque qu’elle signe ses textes sous le pseudonyme de Françoise They. Mais cela ne plaît pas à CBS, sa nouvelle maison de disques. Ils attendaient des tubes et des chansons légères. Marie Laforêt, elle, avait envie de berceuses yougoslaves et de rythmes brésiliens (elle travaille notamment avec Egberto Gismonti et l’Argentin Jorge Milchberg). La chanteuse signe alors chez Polydor et après un dernier album très personnel en 1972, elle décide de renoncer à ses goûts musicaux pour se laisser guider par ses producteurs et répondre aux attentes d’un public plus large.

Plusieurs grands succès populaires marquent cependant cette période commerciale : « Viens, viens, » adaptation d’un tube allemand,

Mais je t’aime, « L’Amour comme à 16 ans, » « Tant qu’il y aura des chevaux » (Paroles et Musique Nicolas Peyrac), en 1973, « Cadeau », en 1974, adaptation du tube country No Charge,

« Maine-Montparnasse », en 1976,« Il a neigé sur Yesterday, » en 1977, chanson-hommage aux Beatles. En août 1977, elle décide d’aller s’installer en Suisse et annonce renoncer aux enregistrements, afin d’échapper à la surmédiatisation et pouvoir écrire des livres dans l’anonymat.

Elle s’installe à Genève, en 1978 où elle tient, jusqu’en 1981, une galerie d’art, dans laquelle elle exerce aussi la profession de commissaire-priseur. Cependant, en 1979 elle revient aussi au cinéma dans « Flic ou voyou » aux côtés de Jean-Paul Belmondo et de Michel Galabru.

Après un détour par la littérature avec la publication de « Contes et légendes de ma vie privée » chez Stock, Marie Laforêt se consacre surtout au cinéma, en France bien sûr, mais aussi en Italie. Son rôle le plus marquant alors est dans le film argentin « Tangos, l’exil de Gardel, » qui obtient le prix du jury à Venise en 1985. Peu de disques sortent malgré quelques tentatives en 1982 par exemple avec « Blanche nuit de satin » (reprise de Nights in White Satin du groupe The Moody Blues).

Elle revient en 1993 avec un album dont elle signe tous les textes, sans pseudonyme cette fois, Reconnaissances dont sont issus deux singles : Genève... ou bien et Richard Toll. En 1994, la chanteuse publie une compilation en quatre volumes, parcourant ses 30 ans de carrière discographique. La compilation Fragile de A à Z se décline également en quatre volumes séparés (Fragile de A à H, Fragile de I à L, Fragile de L à P et Fragile de P à Z). Une compilation des meilleurs titres sort également sous le titre Éventail 1963-1993. La carrière de Marie Laforêt se poursuit pendant les années 1990 au cinéma, dont « Tykho Moon » d’Enki Bilal.

En 1998, son album Voyages au long cours contient 17 titres inédits enregistrés sur scène lors d’une tournée mondiale (1969-1970). Elle y chante en anglais (Barbara Allen), en espagnol (Cabrestero), en italien (Cicerenella), en russe, en roumain aussi bien qu’en français (Marleau). Marie Laforêt a beaucoup chanté sur scène des chansons restées inédites comme Mon cœur se balance, composée sur une musique de Mendelssohn.

En 2001, elle publie « Mes petites magies », livre de recettes pour devenir jeune, un livre de recettes de beauté. En 2002, elle publie « Panier de crabes » : les vrais maîtres du monde, un livre engagé ou elle dénonce les dérives de la finance, monde qu’elle a côtoyé lorsqu’elle était mariée à Éric de Lavandeyra.

Après avoir joué « Maria Callas » dans « Master Class », rôle qui lui vaut d’excellentes critiques (nomination aux Molières en 2000 pour son interprétation),

elle remplace Isabelle Mergault dans la pièce de Laurent Ruquier « la Presse est unanime » en 2003. Elle joue également durant un mois à l’Espace Cardin en 2004 dans « Jésus la Caille », adapté du roman Jésus-la-Caille de Francis Carco. Elle participe chaque semaine sur Europe 1 à l’émission de Laurent Ruquier « On va s’gêner. »

Marie Laforêt remonte sur scène du 14 au 16 juillet 2005, dans le cadre du festival Juste pour rire de Montréal, en avant-première d’une série de spectacles qu’accueille le théâtre des Bouffes-Parisiens, à Paris, du 12 au 24 septembre 2005, pour son premier tour de chant depuis 1972. Le public est au rendez-vous, le spectacle se joue à guichets fermés. Après deux ans d’attente, une série de concerts pour septembre 2007, et une tournée d’adieux sont annoncées, puis annulées à la suite de problèmes de santé de la chanteuse.

La même année, sur son quatrième album Six pieds sous terre, Robert (auteur-compositeur de la scène alternative française) reprend la Prière pour aller au paradis créée par Marie Laforêt en 1973.

FILMOGRAPHIE
- 1959 : Bonsoir Marie Laforêt court-métrage de Jean-Gabriel Albicocco pour la TV américaine faisant partie d’une série de courts-métrages sur différentes jeunes actrices de la Nouvelle-Vague
- 1960 : Plein Soleil de René Clément : Marge Duval
- 1961 : Saint-Tropez Blues de Marcel Moussy : Anne-Marie (avec Jacques Higelin comme partenaire)
- 1961 : La Fille aux yeux d’or (Lion d’Argent au Festival de Venise 1961) de Jean-Gabriel Albicocco : La fille
- 1961 : Les Amours célèbres, sketch Les comédiennes de Michel Boisrond : Mlle Georges
- 1961 : « Le Rouge et le Noir » (du roman de Stendhal) de Pierre Cardinal : Mathilde de La Mole

- 1962 : Los 4 golpes (les 4 coups) court-métrage (durée 4 min) inédit de et avec François Truffaut et Marie Laforêt (présenté par la Cinémathèque française en 2014)
- 1962 : Le Rat d’Amérique de Jean-Gabriel Albicocco : Maria
- 1962 : Leviathan (Grand Prix de la critique Festival de Venise) de Léonard Keigel : Angèle
- 1963 : Cherchez l’idole de Michel Boisrond
- 1963 : À cause, à cause d’une femme de Michel Deville : Agathe
- 1964 : La Chasse à l’homme de Édouard Molinaro : Gisèle
- 1965 : Cent briques et des tuiles de Pierre Grimblat : Ida
- 1965 : La redevance du fantôme (TV) (Prix Albert Ollivier 1966) de Robert Enrico : Miss Diamond
- 1965 : Des filles pour l’armée (Le Soldatesse) Prix spéçial d’Argent au Festival International du Film de Moscou 1965 - de Valerio Zurlini : Eftichia
- 1965 : « Marie-Chantal contre le docteur Kha » de Claude Chabrol
Ce film valut le surnom de Marie Chantal désignée pour qualifier une "snobinarde".


- 1967 : Le Treizième Caprice de Roger Boussinot : Fanny
- 1967 : Jack of Diamonds de Don Taylor : Olga
- 1968 : Kean un roi de théâtre (TV) de Marcel Moussy : La Comtesse Elena de Koefeld
- 1970 : La Hobereaute (opéra parlé de Jacques Audiberti), mise en scène Georges Vitaly, en différé de l’Hôtel de Béthune-Sully dans le cadre du Festival du Marais, réalisation de captation de pièce de théâtre de Philippe Laïk : La Hobereaute
- 1972 : « Le Petit Poucet » de Michel Boisrond : la reine


- 1977 : Emmenez-moi au Ritz (TV) de Pierre Grimblat : apparition en tant que Marie Laforêt
- 1979 : Flic ou voyou de Georges Lautner : Edmonde Puget-Rostand
- 1982 : Les Diplômés du dernier rang de Christian Gion : Dominique
- 1982 : Que les gros salaires lèvent le doigt ! de Denys Granier-Deferre : Rose (non créditée au générique)
- 1984 : « Les Morfalous » de Henri Verneuil : Hélène Laroche-Fréon
Ce film lui vaudra une réplique qui fit un succ-s dans les milieux féministes


- 1984 : Pauline ou l’écume de la mer (TV) de Patrick Bureau, d’après une pièce de Gabriel Arout : Pauline
- 1984 : Joyeuses Pâques de Georges Lautner : Sophie Margelle
- 1985 : Le Pactole de Jean-Pierre Mocky : Greta Rousselet
- 1985 : Tangos, l’exil de Gardel (Grand Prix Spéçial du Jury Festival de Venise 1985) de Fernando Ezequiel Solanas : Mariana
- 1987 : La Piovra 3 (TV) série en 4 épisodes de Luigi Perelli : Anna Antinari
- 1987 : Sale Destin de Sylvain Madigan : Marthe Marboni
- 1987 : Fucking Fernand de Gérard Mordillat : Lotte
- 1987 : Il est génial papy ! de Michel Drach : Louise
- 1988 : Le Loufiat (TV) de Annie Butler : Françoise May (la star)
- 1989 : La Folle journée ou Le mariage de Figaro de Roger Coggio : la comtesse
- 1989 : La Bugiarda (TV), deux épisodes, de Franco Giraldi : la Signora Elvira
- 1990 : L’Avaro de Tonino Cervi : comtesse Isabella Spinosi
- 1990 : Per una fredda mattina di maggio de Vittorio Sindoni : une journaliste politique
- 1990 : 4 Piccole donne (TV) série en 4 épisodes de Gianfranco Albano : la mère des quatre filles
- 1990 : Présumé dangereux de Georges Lautner : Théa
- 1991 : Cane sciolto 3 (L’affaire Rodani) (TV), deux épisodes, de Giorgio Capitani : Hélène
- 1992 : Tutti gli uomini di Sara de Gianpolo Tescari : la mère de Sara
- 1994 : Jeudi 12 (TV) de Patrick Vidal : la directrice de l’agence de publicité
- 1994 : A che punto è la notte ? (TV), deux épisodes, de Nanni Loy : la signora Chantal Guidi
- 1995 : Ainsi soient-elles de Patrick et Liza Alessandrin : la mère de Marie
- 1995 : Dis-moi oui de Alexandre Arcady : Mme Villiers
- 1996 : Chienne de vie (TV) de Bernard Uzan : Françoise (comédienne de théâtre)
- 1996 : Adrien Le Sage (TV) de Jacques Monnet : la comtesse de Pontigny
- 1996 : Tykho Moon de Enki Bilal : Éva
- 1997 : Héroïnes de Gérard Krawczyk : Sylvie
1997 : C’est la tangente que je préfère de Charlotte Silvera : Pétra, la vérité
- 1997 : La Durite (court-métrage 16 minutes) de Philippe J. Cotten
- 1997 : Desierto di fuoco (TV) de Enzo G. Castellari : Rama
- 1998 : Villa Vanille (TV), deux épisodes, de Jean Sagols : Pronia
- 2000 : Jeux pour mourir de Bruno Romy (court-métrage)
- 2001 : Le Syndrome de l’adhésif[réf. nécessaire]
- 2003 : Le Président et la Voyante - projet - non tourné
- 2008 : Les Bureaux de Dieu de Claire Simon

ORTF
Marie Laforêt en tant que chanteuse a tourné plusieurs dizaines d’émissions au sein de l’ORTF (télévision française) ; sélection de celles qui l’ont mise au premier plan :
- 2 novembre 1966 : Bienvenue Production : Guy Béart - Réalisation : Raoul Sangla Invités : Le Mime Marceau, Marie Laforêt, Les Enfants Terribles, Avron & Evrard, Les Troubadours, Guy Béart
- 21 octobre 1967 :Show Marie Laforet (Portrait de Marie Laforêt) Production : Michèle Arnaud - Réalisation : Pierre Koralnik (réalisateur d’origine suisse) - Show en noir et blanc avec en filigrane une interview sans concession de Marie Laforêt par Jacques Lanzmann.
- 11 février 1968 : Ça, c’est la vie de Marie Laforet Réalisation : Raoul Sangla
- 30 mars 1970 : Discorama 70 Réalisation : Raoul Sangla Présentation : Denise Glaser Invités : Marie Laforêt, Serge Lama, Brigitte Fontaine et Jacques Higelin
- 11 avril 1970 : Podium 70 Production : Arlen Papazian - Réalisation : Jean-Paul Carrère - Présentation : Georges de Caunes
- 25 juin 1971 : A bout portant Marie Laforet
- 21 février 1973 : LE GRAND ECHIQUIER de Jacques Chancel - Réalisation : André Flederick GUY BEART et ses invités : Marie Laforêt, Juliette Greco, Patachou, Isabelle Aubret, Ivan Rebroff, Jean-Louis Barrault et Madeleine Renaud
- 2 novembre 1974 : TOP A MARIE LAFORET Production Maritie et Gilbert Carpentier - Réalisation : Marion Sarrault.
- 31 mai 1975 : LES YEUX DANS LES YEUX : Marie Laforêt invitée de Michel Lancelot interprète au cours de l’après-midi : Emporte-moi - Mais les plaisirs d’amour - Mais je t’aime - Viens, viens - Cabrestero.
- 14 novembre 1976 : AUTOPSIE D’UN SPECTACLE - RECITAL MARIE LAFORET Production : Liliane Bordoni et Patrice Bellot - Réalisation : Marion Sarrault
- 27 décembre 1976 : RESTEZ DONC AVEC NOUS LE LUNDI sur TF1 : Marie Laforêt invitée de Jean Bertho interprète au cours de l’après-midi : Maine Montparnasse - La légende de Thomas - On ne peut danser plus haut que ses souliers - Star Story - Le bonheur - La naissance.