Disparition de Kirk Douglas

  • Mis à jour : 10 mai

L’acteur Kirk Douglas, dernier grand monstre sacré d’Hollywood, est mort à l’âge de 103 ans. Une fossette au menton aussi légendaire que ses rôles.
Hollywood lui ouvre ses portes et il enchaîne les films, une centaine au total, dont les meilleurs sont devenus des classiques : 20 000 lieues sous les mers (1954), Les Sentiers de la gloire (1957) de Stanley Kubrick, qu’il retrouve pour Spartacus (1960), péplum qui en fait une vedette mondiale.

Kirk Douglas, né Issur Danielovitch Demsky le 9 décembre 1916 à Amsterdam (État de New York) et mort le 5 février 20202 à Beverly Hills, en Californie3, est un acteur, producteur, réalisateur et écrivain américain. Il est le père de l’acteur et producteur Michael Douglas.

BIOGRAPHIE
Issur Danielovitch est le quatrième enfant d’une famille qui en compte sept (il a six sœurs). Il est le fils de Bryna (« Bertha », née Sanglel) et de Herschel (« Harry ») Danielovitch (« Demsky »). Ses parents étaient des immigrants juifs de Tchavoussy, en actuelle Biélorussie, ayant fui le pays pour échapper à la pauvreté et à l’antisémitisme d’État de l’Empire russe.
(Kirk et sa mère)
Son oncle paternel, qui avait émigré auparavant, avait utilisé le patronyme de « Demsky », que la famille Danielovitch adoptera aux États-Unis. En plus de leur nom de famille, ses parents changèrent leurs prénoms en Harry et Bertha. Issur adopte quant à lui le surnom d’« Izzy » : né sous le nom d’Issur Danielovitch, il grandit donc sous celui de Izzy Demsky.
Le père est chiffonnier et la famille vit modestement au 46 Eagle Street à Amsterdam, dans l’État de New York. C’est après avoir récité un poème à l’école et reçu des applaudissements que le jeune Issur décide de devenir acteur. Une ambition non partagée par sa famille. À l’université, il est victime d’ostracisme en raison de ses origines sociales, mais le jeune homme trouve une façon d’imposer le respect : la lutte.
(Kirk et son père)

En juin 1939, il décide de partir à New York pour se former au métier de comédien. Au théâtre Tamarak, un ami lui suggère de changer son nom. On lui propose Kirk et un nom commençant par un D, Douglas. Il entre ensuite à l’académie américaine d’art dramatique et suit les cours de Charles Jehlinger . Il y rencontre aussi Diana Dill, sa future première femme, et la jeune Betty Bacall, future Lauren Bacall.
(Diana Dill et Kirk)

Après quelques rôles mineurs dans les pièces " Spring Again" (novembre 1941) et "Les Trois Sœurs" (décembre 1942), il s’engage dans la marine. Peu avant de s’enrôler, il effectue une démarche de changement de nom : Kirk Douglas, qui était initialement un nom de scène, devient alors son nom d’état civil.

Pendant la guerre, il se marie à Diana. Réformé à la suite d’une dysenterie chronique au printemps 1943, il retourne à New York puis de mars 1943 à juin 1945 il remplace sur scène Richard Widmark dans "Kiss and Tell "et en avril 1946 il joue dans "Woman bites dog". Lauren Bacall, en intervenant auprès de Hal B. Wallis, lui permet d’obtenir le troisième rôle dans "L’Emprise du crime" où il joue le mari de Barbara Stanwycke.

(L’emprise du crime)

Il donne la réplique à Robert Mitchum dans "La Griffe du passé" et rencontre Burt Lancaster dans "L’Homme aux abois". Alors qu’il est père de deux enfants et qu’il se sépare de sa femme, il prend le choix audacieux de tourner "Le Champion" (alors qu’on lui proposait une superproduction produite par la MGM). Sorti en juillet 1949, le film est un succès inespéré.

(Champion)

LA GLOIRE INTERNATIONAL

Kirk Douglas signe alors un contrat avec la Warner et enchaîne plusieurs films (« La Femme aux chimères », « Le Gouffre aux chimères »...) qui lui permettent de rencontrer et de séduire un grand nombre de stars féminines, dont Rita Hayworth ou Gene Tierney.

(La femme aux chimères)

Las de l’emprise du studio, il décide de ne pas renouveler son contrat après le film « La Vallée des géants ». Libre, il tourne un western de Howard Hawks, « La Captive aux yeux clairs », puis « Les Ensorcelés » de Vincente Minnelli, film pour lequel il manque de remporter l’Oscar du meilleur acteur.

(Les ensorcelés)

Pour les beaux yeux de l’actrice italienne Pier Angeli, il accepte un contrat de trois films qui l’amène en Europe. « Le Jongleur », « Un acte d’amour » et enfin « Ulysse » des jeunes producteurs Dino De Laurentiis et Carlo Ponti.

(Un acte d’amour)

À cette époque il rencontre Anne Buydens, une assistante dont il tombe amoureux et qu’il épouse le 29 mai 1954, la même année que la superproduction Disney « Vingt mille lieues sous les mers ».
(Anne Buydens et Kirk)

Après L« ’Homme qui n’a pas d’étoile », l’acteur à succès devient producteur et crée la Bryna, du nom de sa mère, et produit « La Rivière de nos amours », un succès.

(La Rivière de nos amours)

En 1955 il achète les droits du roman "Lust for life"et confie la réalisation à Vincente Minnelli. « La Vie passionnée de Vincent van Gogh » entraîne Kirk Douglas aux limites de la schizophrénie, l’acteur ayant du mal à entrer sans conséquences dans l’âme tourmentée du peintre. Là encore, il est nommé pour l’Oscar du meilleur acteur sans toutefois l’obtenir.

(La Vie passionnée de Vincent van Gogh)

Il tourne alors avec son ami Burt Lancaster un western de légende, « Règlement de comptes à O.K. Corral ». Sa composition du personnage de Doc Holliday reste dans toutes les mémoires.

(Règlement de comptes à O.K. Corral)

La même année, il s’investit dans la production et l’écriture d’un autre film de légende, « Les Sentiers de la gloire » qui permet à Stanley Kubrick de faire ses preuves. Le film ne rapporta pas beaucoup d’argent puisqu’interdit dans un grand nombre de pays européens.

(Les Sentiers de la gloire)

Avec la Bryna, il produit « Les Vikings », fresque épique qui l’emmène tourner un peu partout dans le monde (dont en France, Fort de la Jatte). Le film avec Tony Curtis et Janet Leigh est un gros succès. L’année suivante, après le film « Au fil de l’épée », sa mère meurt le jour de son anniversaire.

(Les vikings)

Vexé de ne pas avoir été choisi pour interpréter Ben-Hur, il choisit de faire son propre film épique en adaptant au cinéma l’histoire de « Spartacus », l’esclave qui fit trembler Rome. Une préparation longue et compliquée, un tournage long et difficile (le réalisateur Anthony Mann est remplacé par Stanley Kubrick), mais un immense succès et un rôle qui place définitivement Kirk Douglas au panthéon des stars de Hollywood.

( Spartacus)

En 1961, il tourna avec Adrich, un western qui marquera un tournant dans le genre. « El perdido (The Last Sunset) » par son aspect psychologique sort des classiques des années 50.

(El perdido)

En 1962, toujours sur un scénario de Dalton Trumbo, il interprète un cow-boy perdu dans le monde moderne dans « Seuls sont les indomptés », son film préféré de toute sa carrière cinématographique.

(Seuls sont les indomptés)

Il triomphe aussi au théâtre dans la pièce "Vol au-dessus d’un nid de coucou", qu’il comptait jouer au cinéma. Après quelques échecs commerciaux, dont un ambitieux, « Le Dernier de la liste », il revient aux films engagés avec « Sept jours en mai. » Dans « Les Héros de Télémark » il est un scientifique qui tente de stopper la progression industrielle allemande pendant la guerre.

(Les Héros de Télémark)

Sur la même période, il enchaîne avec « Première Victoire » et « L’Ombre d’un géant ». Après un petit rôle dans « Paris brûle-t-il ? » de René Clément, il retrouve John Wayne pour un western à succès « La Caravane de feu ».

(La Caravane de feu)

En 1969, il tourne « L’Arrangement » sous la direction de Elia Kazan puis sous celle de Joseph L. Mankiewicz pour un western original et déroutant, « Le Reptile » aux côtés de Henry Fonda. Après une autre adaptation d’un roman de Jules Verne (assez sombre), « Le Phare du bout du monde », Kirk Douglas décide de passer à la réalisation.

(L’Arrangement)

DECLIN PROGRESSIF ET RETRAIT DU CINEMA

En 1973, Kirk Douglas réalise « Scalawag », adapté de "L’Île au trésor" sur un sujet qu’il pense rentable avec un budget correct. Le tournage est catastrophique, comme en témoigne le journal de bord. Le film est un échec total. Deux ans plus tard, il réitère l’opération avec « La Brigade du Texas » (1975), western qui ne trouve pas son public. Ce dernier film l’incite à abandonner la réalisation.

Ne voulant plus tourner que des films qui l’intéressent, il produit « Holocauste 2000 » (1977), et « Saturn 3 » (1980), ce dernier étant nommé aux Razzie Awards. En 1978, « Furie » lui permet de se frotter au Nouvel Hollywood avec Brian De Palma, et « Nimitz, retour vers l’enfer » (1980) de retrouver le film de guerre, mâtiné cette fois de science-fiction.

(Nimitz, retour vers l’enfer)

En 1986, il retrouve son ami Burt Lancaster pour « Coup double ». Victime d’un grave accident d’hélicoptère en Californie, duquel il réchappe miraculeusement, il réduit son activité cinématographique, freinée par une attaque cérébrale en 1996.

En 1999, « Diamonds » est l’occasion pour l’acteur de retrouver Lauren Bacall et de recevoir au festival de Deauville un hommage pour l’ensemble de sa carrière. Une attaque cardiaque en 2001 lui enlève tout espoir de retourner au cinéma ; il accepte de tourner dans « Une si belle famille » aux côtés de son ex-femme Diana, de leur fils Michael et leur petit-fils Cameron. Trois générations de Douglas sont réunies pour un film sorti de façon discrète et qui ne connaîtra pas un grand succès.

(Diamonds)

Depuis le milieu des années 1990, Kirk Douglas est fréquemment honoré dans le monde entier pour l’ensemble de sa carrière. Écrivain, il avait publié plusieurs ouvrages et se consacrait à sa fondation en faveur des enfants défavorisés. Il fête ses 100 ans le 9 décembre 2016 au Beverly Hills Hotel, entouré de sa famille et de deux amis de longue date, l’acteur Don Rickles et le réalisateur Steven Spielberg.

VIE PRIVE

Kirk Douglas s’est marié deux fois : la première fois avec Diana Dill (née le 22 janvier 1923, divorcée en 1951 et morte le 3 juillet 2015) avec qui il a eu deux fils, l’acteur Michael Douglas et Joel Douglas ; la seconde fois en 1954 avec Anne Buydens — née Belgele le 23 avril 1919 — avec qui il a eu également deux fils, le producteur Peter Vincent Douglas, né le 23 novembre 1955, et l’acteur Eric Douglas, né le 21 juin 1958 et mort le 6 juillet 2004 d’une overdose.
Il a sept petits-enfants (trois enfants de Michael Douglas, dont l’aîné Cameron Douglas est également acteur, et quatre enfants de Peter Douglas).
Il a une arrière-petite-fille (un enfant de Cameron Douglas, son petit-fils).

(Cameron, Kirk et Michael Douglas)

FILMOGRAPHIE
Années 1940
1946 : L’Emprise du crime de Lewis Milestone
1947 : « La Griffe du passé » ou Pendez-moi haut et court (Out of the Past) de Jacques Tourneur

1947 : Le deuil sied à Électre de Dudley Nichols
1948 : L’Homme aux abois de Byron Haskin
1948 : La Ville empoisonnée de John M. Stahl
1949 : My Dear Secretary de Charles Martin
1949 : Chaînes conjugales de Joseph L. Mankiewicz
1949 : Le Champion de Mark Robson

Années 1950
1950 : La Femme aux chimères de Michael Curtiz
1950 : La Ménagerie de verre d’Irving Rapper
1951 : Une corde pour te pendre de Raoul Walsh
1951 : Le Gouffre aux chimères de Billy Wilder
1951 : Histoire de détective de William Wyler
1952 : La Vallée des géants de Felix E. Feist
1952 : La Captive aux yeux clairs de Howard Hawks
1952 : Les Ensorcelés de Vincente Minnelli
1953 : Histoire de trois amours (film à sketches, épisode « Equilibrium ») réalisé par Gottfried Reinhardt
1953 : Le Jongleur d’Edward Dmytryk
1953 : Un acte d’amour d’Anatole Litvak
1954 : « Vingt Mille Lieues sous les mers » de Richard Fleischer

1954 : Ulysse de Mario Camerini
1955 : Le Cercle infernal de Henry Hathaway
1955 : L’Homme qui n’a pas d’étoile de King Vidor
1955 : La Rivière de nos amours de André de Toth
1956 : La Vie passionnée de Vincent van Gogh de Vincente Minnelli et George Cukor
1957 : Affaire ultra-secrète de H. C. Potter
1957 : Règlements de comptes à OK Corral de John Sturges
1957 : Les Sentiers de la gloire de Stanley Kubrick
1958 : Les Vikings de Richard Fleischer
1959 :« Le Dernier Train de Gun Hill » de John Sturges : Matt Morgan

1959 : Au fil de l’épée de Guy Hamilton
1959 : Premier Khrushchev in the USA (documentaire)

Années 1960
1960 : Liaisons secrètes de Richard Quine
1960 : Spartacus (aussi producteur exécutif) de Stanley Kubrick
1961 : Ville sans pitié de Gottfried Reinhardt
1961 : El Perdido de Robert Aldrich
1962 : Seuls sont les indomptés de David Miller
1962 : Quinze jours ailleurs de Vincente Minnelli
1963 : Un homme doit mourir de George Seaton
1963 : « Le Dernier de la liste » de John Huston

1963 : Trois filles à marier de Michael Gordon
1964 : Sept jours en mai de John Frankenheimer
1965 : Les Héros de Télémark d’Anthony Mann
1965 :« Première Victoire » d’Otto Preminger

1966 : L’Ombre d’un géant de Melville Shavelson
1966 : Paris brûle-t-il ? de René Clément
1967 : La Route de l’Ouest d’Andrew V. McLaglen
1967 : La Caravane de feu de Burt Kennedy
1968 : Rowan & Martin at the Movies (court métrage)
1968 : Once Upon a Wheel (documentaire)
1968 : Un détective à la dynamite de David Lowell Rich
1968 : Les Frères siciliens (aussi producteur), de Martin Ritt
1969 : L’Arrangement d’Elia Kazan

Années 1970
1970 : « Le Reptile » de Joseph L. Mankiewicz
1971 : Les Doigts croisés de Dick Clement
1971 : Le Phare du bout du monde (aussi producteur) de Kevin Billington
1971 : Dialogue de feu de Lamont Johnson
1972 : Un homme à respecter de Michele Lupo
1973 : Scalawag (réalisé par lui-même)
1975 : Une fois ne suffit pas de Guy Green
1975 : La Brigade du Texas (aussi réalisateur et producteur)
1976 : Les Hommes d’argent (Arthur Hailey’s MoneyChangers) (mini-série)
1977 : Holocauste 2000 d’Alberto De Martino
1978 : Furie de Brian De Palma
1979 : Cactus Jack de Hal Needham

Années 1980
1980 : « Saturn 3 » de Stanley Donen

1980 : Home Movies de Brian De Palma
1980 : Nimitz, retour vers l’enfer de Don Taylor
1982 : L’Homme de la rivière d’argent de George Miller
1983 : Un flic aux trousses de Jeff Kanew
1984 : Le Duel des héros (Draw !), téléfilm de Steven Hillard Stern
1985 : Meurtre au crépuscule de Michael Tuchner (téléfilm)
1986 : Coup double de Jeff Kanew
1987 : Queenie, la force d’un destin de Larry Peerce (téléfilm)
1988 : Procès de singe (Inherit the Wind), téléfilm de David Greene
Années 1990 et 2000
1991 : L’embrouille est dans le sac de John Landis
1991 : Veraz de Xavier Castano
1994 : A Century of Cinema de Caroline Thomas (documentaire)
1994 : Greedy de Jonathan Lynn
1999 : Diamonds de John Mallory Asher
2003 : Une si belle famille de Fred Schepisi
2004 : Illusion de Michael A. Goorjian
2008 : Meurtres à l’Empire State Building (téléfilm)

ENGAGEMENT POLITIQUE

L’image de Kirk Douglas est indéniablement liée à la politique, puisqu’il fut un producteur audacieux et très souvent engagé. Démocrate affirmé, il a voyagé dans le monde entier pour le compte des gouvernements successifs sous l’impulsion du président Kennedy. Bien que démocrate, il fut reçu par l’ancien acteur Ronald Reagan à la Maison-Blanche et fut proche de sa femme, Nancy.
(Jilly Carter et Kirk Douglas )

Au cinéma, dans le western, il prend la défense des Indiens : « La Captive aux yeux clairs » d’Howard Hawks en 1952, « La Rivière de nos amours » d’André de Toth en 1955 et « Le Dernier Train de Gun Hill » de John Sturges en 1959.

(La Captive aux yeux clairs)

Évoquant la Première Guerre mondiale, il fustige l’imbécilité meurtrière des militaires avec « Les Sentiers de la gloire » de Stanley Kubrick en 1958. Il produit aussi un thriller politique avec « Sept jours en mai » en 1964. Le film raconte le coup d’État d’un général d’extrême droite qui tente de renverser le gouvernement démocrate américain, désireux de signer un traité de paix avec l’URSS.

Sa collaboration avec le scénariste Dalton Trumbo (victime de la liste noire et que défend Kirk Douglas pour qu’il soit signé au générique de Spartacus, dans le contexte du maccarthysme) s’étend sur trois films :« Spartacus » (1960), « El Perdido (The Last Sunset) » en 1961 et « Seuls sont les indomptés » (1962). Ce dernier film est le préféré de Kirk Douglas.

En septembre 2016, alors qu’il s’apprête à fêter ses 100 ans, l’ancien acteur publie une tribune intitulée « La route à suivre », dans laquelle il évoque son passé pour souligner les similitudes entre la Grande Dépression, la montée du nazisme et « la stratégie de la peur » mise en œuvre par le candidat Donald Trump, et cherche à alerter l’opinion sur les dangers d’une répétition d’un désastre historique.

L’ECRIVAIN

Outre quelques romans de fiction ("The Gift", "Last tango in Brooklyn", "Dance with the Devil"), Kirk Douglas publie la première partie de son autobiographie, "Le Fils du chiffonnier", en 1988. Douglas se décrit étouffé par une multitude de grandes sœurs et en quête pathétique de reconnaissance vis-à-vis d’un père indifférent. Le ton est souvent critique et caustique envers lui-même. Il y raconte de nombreux tournages, des anecdotes sur les vedettes américaines, ses joies et ses colères. Son cœur abrite toujours Issur Danielovitch Demsky, le fils du chiffonnier. C’est ce que ce livre démontre. Derrière la vedette du cinéma américain se cache le petit garçon peureux. L’ouvrage est un succès mondial lors de sa sortie.

La deuxième partie, " Climbing The Mountain : My Search For Meaning", parue en 2000, est un texte sur la découverte par l’acteur de sa propre judéité.

La troisième partie, "My Stroke Of Luck", en 2002, raconte l’accident vasculaire cérébral dont il est victime en 1996. Diminué et incapable d’émettre le moindre mot, il raconte la violente dépression qui suivit et la redécouverte de l’amour, de la vie et des siens. Le livre se clôt par un « Manuel de survie ».

En 2006, il publie à quatre-vingt-dix ans le dernier tome de son autobiographie, " Let’s face it : Ninety years of Living, Loving, and Learning" . Il y parle de l’équilibre et de la quiétude avec laquelle il aborde désormais l’existence et parle pour la première fois de la disparition tragique par overdose de son plus jeune fils, Eric.

En 2012, il publie" I Am Spartacus ! : Making a Film", "Breaking the Blacklist", récit de l’élaboration puis du tournage du film réalisé par Stanley Kubrick, mais qui est en fait, de bout en bout, le projet de Kirk Douglas. Le livre se situe dans le contexte de la fin du maccarthysme, ce qui en fait aussi un témoignage sur le contexte politique de l’époque. La préface du livre a été écrite par l’acteur George Clooney.

PRIX ET DISTINCTIONS
Oscars
Souvent nommé aux Oscars, Kirk Douglas n’a jamais reçu la statuette du meilleur acteur
1996 : Oscar d’honneur « pour 50 ans de force créative et morale dans la communauté cinématographique ».

Golden Globes
1957 : Golden Globe du meilleur acteur dans un film dramatique pour« La Vie passionnée de Vincent van Gogh. »

Festival international de Berlin
1958 : Meilleur acteur pour Les Vikings.

Césars du cinéma
1980 : César d’honneur pour l’ensemble de sa carrière.