Le cinéma de guinée

  • Mis à jour : 2 août

La cinématographie guinéenne est l’une des plus anciennes sur le continent africain, puisqu’elle a vu jours avec Mamadou Touré dans « Mouramani » sortie en 1953 sous l’administration coloniale. Elle prend un véritable envol après l’accession a l’indépendance avec la création de Syli-Cinéma en 1967.
Les pionniers du cinéma d’alors Moussa Kémoko Diakité dans « Naitou », Barry Sekou Oumar dans « Et vint la liberté ».
A l’avènement de la deuxième république le cinéma change, ont passe des langues nationales pour le français et depuis l’avènement du numérique le nombre de nouveaux films accroît régulièrement.
Le cinéma guinéen souffre cependant d’un manque criant de professionnalisme, tandis qu’il est particulièrement difficile pour les producteurs guinéens de trouver un financement décent.

ACTEURS ET ACTRICES

- Mariam Kaba
Fille de diplomate, Mariam Kaba est née en Guinée-Conakry. Au début des années 80, elle s’installe à Paris et s’inscrit à l’AFAP, dans le but de devenir attachée de presse. Des études qu’elle néglige pour suivre des cours de théâtre, notamment ceux d’Isabelle Sadoyan. Elle décroche malgré tout son diplôme d’attachée de presse et commence à faire des apparitions au cinéma, notamment dans « Périgord noir » de Nicolas Ribowski et « Vanille fraise » de Gérard Oury.
Dans les années 90, elle joue un rôle important dans « Samba Traoré » sous la direction du grand cinéaste africain Idrissa Ouedraogo. Elle est aussi distribuée dans trois films de Cheik Doukouré. Pour Raoul Peck, elle interprète le premier rôle féminin, celui de la femme de Patrice Lumumba, dans « Lumumba », auprès d’Eriq Ebouaney dans le rôle du héros national Congolais.
Elle est membre du jury dans plusieurs festivals à travers le monde : au FESPACO en 1997, aux journées cinématographiques de Carthage en 2000, et au Festival international du film d’Amiens en 2003.

REALISATEURS

- Mohamed Camara

Mohamed Camara (né en 1959 à Conakry) est un acteur, et réalisateur guinéen. En 1993, Mohamed Camara se fait remarquer lors du 3e Festival du cinéma africain de Milan, en obtenant le Prix du meilleur court métrage pour son film « Denko ».
Réalisations = 1997 : Dakan _ 2001 : Balafola

- Moussa Kémoko Diakité

Moussa Kémoko Diakité est un scénariste, réalisateur et producteur de cinéma guinéen né en 1940 à Mamou, Guinée. Né en Guinée, il part suivre des études au Conservatoire National Supérieur d’Art Dramatique de Paris dans les années 1960, puis à l’Université de Francfort où il suit des cours de science théâtrales avant d’être assistant réalisateur à Berlin pour le CCC-Film jusque’en 1967. Entre 1965-1966, il devient assistant de Harald Reinl dans « La Vengeance de Siegfried » (Die Nibelungen) puis dans l’adaptation du film « Le deuil sied à Électre » de Heinrich Koch .
Après ces études, il revient en Guinée. En août 1970, il est incarcéré au camp Boiro, comme plusieurs cinéastes sous le régime de Sékou Touré, avant d’être relâché en 1971. Il reprend ses activités de cinéaste en 1971 avec un court métrage, « Hirde Dyama », qui porte sur le groupe de musique Bembeya Jazz, suivi l’année d’après par le documentaire sur les « Funérailles de Kwame Nkrumah », sur l’ancien président ghanéen. Dans la même veine, « Fidel Castro », un voyage à Conakry, sorti la même année, dresse un parallèle entre le chef d’État cubain et Sékou Touré.
En 1982, « Naitou » (l’orpheline), son premier long métrage, lui vaut un succès historique avec Mention spéciale du jury aux Journées cinématographiques de Carthage, en Tunisie, et le prix de l’Unesco au FESPACO 1983 à Ouagadougou.
Il est le fondateur et directeur de l’Office Guinéen de Publicité (OGP) entre 1986 à 1992. En 1999, il dirige l’Office national de la Cinématographie de Guinée.

- Cheik Doukouré

Cheik Doukouré est un scénariste, réalisateur et producteur de cinéma guinéen né en 1943 à Kankan, Guinée.

- Mama Keïta

Mama Keïta est un scénariste, réalisateur et producteur de cinéma guinéen, né en 1956, à Dakar, au Sénégal, d’une mère vietnamienne et d’un père guinéen.
Réalisations =

- Mamadou Touré

Mamadou Touré est un des pionniers du cinéma africain. Sorti en 1953, Mouramani, son court-métrage de 23 minutes est aujourd’hui considéré comme le premier film de l’histoire du cinéma africain.

LES FILMS

CINEMA D’ANIMATION
En 1953, le cinéma guinéen d’animation accède au long métrage en 1993 avec « Naitou » de Moussa Kémoko Diakité.

DOCUMENTAIRES

- « Et vint la liberté » de Sekou Oumar Barry en 1968 est le début du genre en Guinée.

- « Funérailles de Kwame Nkrumah », Les (1972) de Moussa Kémoko
Le documentaire raconte les funérailles du premier président ghanéen refusiez en Guinée après sa destitution en février 1966.

- « Hafia, triple champion d’Afrique » (1978) de Moussa Kémoko Diakité
Souleymane Chérif, Papa Camara, Petit Sory et leurs équipiers triomphent sur le football africain sous le maillot de Hafia football Club en remportant successivement la coupe d’Afrique des clubs champions entre 1972 et 1977.

- « Allah Tantou » (1991) de David Ashkar
Le cinéaste par à la recherche de son père, Marof Achkar, qui fut emprisonné à Camp Boiro en 1969 pour trahison.

- « Mathias, le procès des gangs » (1997) de Gahité Fofana
Mathias a vingt ans, il est condamné à mort et attend dans une prison guinéenne l’exécution de sa peine. Leader d’une bande d’adolescents qui, fin 1994, a terrorisé Conakry, opérant quotidiennement des attaques à main armée, il fut arrêté et jugé. Il devint alors, malgré lui, l’un des acteurs du "procès des gangs", retransmis quotidiennement durant 8 mois par la télévision nationale guinéenne. De ce fait divers devenu fait de société, le réalisateur a souhaité montrer à la fois sa répercussion sur la population et le sens qu’ont voulu lui donner les responsables politiques guinéens. Télédiffuser le procès, c’était promouvoir la justice constitutionnelle contre la justice de la rue et défendre ainsi l’image d’un État juste. Le film, tout en montrant les contradictions, les non-dits, voire les manipulations liées au procès, éclaire cette démarche complexe vers l’instauration d’un État de droit

- « Trace de Kandia », le (2015) de Laurent Chevallier
Le documentaire résumé la vie de Sory Kandia Kouyaté, dit « la voix d’or du Manding », un griot né en 1933 et mort en 1977. Il fut un chanteur emblématique d’une Afrique de l’indépendance. Pour raconter cette légende chantante, Kabinet Kouyaté retourne en Guinée pour remonter sur les traces de son père Kandia, retrouver les lieux, rencontrer les témoins et chercher l’homme qu’était son père derrière la légende de sa voix d’or

LONG METRAGE

- « Naitou l’orpheline » (1982) de Moussa Kémoko Diakité
La jalousie d’une femme Damayé l’envoie empoisonner sa coépouse, la mère de Naïtou. Elle torpille l’avenir de Naïtou par de travaux ménagers, refuse de recevoir son fiancé et l’empêche de prendre part à l’initiation traditionnelle pour toutes les jeunes filles du village. Mais un jour elle est punie par l’esprit de justice du village, une sorcière qui l’envoûtera. Naïtou pourra enfin épouser son fiancé.

- « Ragazzi » (1991) de Mama Keita
Un homme tombe amoureux d’une inconnue lors d’un mariage .

- « Blanc d’ébène » (1992) de Cheik Doukouré
En 1943, à Balandou, petit village du fin fond de la Guinée. Loin des tourmentes de la seconde guerre mondiale, l’adjudant Mariani s’occupe du recrutement des tirailleurs et de l’administration du canton. Il est parvenu à imposer son autorité en douceur et même à obtenir une certaine reconnaissance auprès de la population ; seules ses relations avec sa femme Marie-France sont houleuses. Mais Lanseye Kanté, un jeune instituteur noir, revient après une solide formation à l’école coloniale, prendre la direction de l’école de son village natal. Bientôt le colon et le colonisé vont s’affronter dans une lutte idéologique dans laquelle sera entraîné le village...

- « Ballon d’or », Le (1994) de Cheik Doukouré
La vie de Salif Keïta, premier ballon d’or africain en 1970, inspira le scénario du film.

- « Enfant noir, L’ » (1994) de Laurent Chevallier
Inspiré du roman homonyme de Camara Laye, le film raconte le parcours initiatique de Baba, partant de Kouroussa, son village natal, pour étudier à Conakry. Madou est mécanicien. Il souhaite pour son fils un destin différent. Il fera des études et rendra fier sa famille comme son grand-père Camara Laye, le fameux écrivain de L’enfant noir. Sa mère Kouda refuse. Les fétiches sont consultés. Ce voyage aura lieu sous de bons auspices, le féticheur l’assure. Baba part donc sur les traces de son grand-père à la découverte de la grande ville et de sa propre destinée.
C’est avec des yeux ébahis qu’il découvre sa nouvelle destination : la métropole. L’oncle qui l’accueille, le reçoit comme son propre fils. Ce dernier se marie une seconde fois causant des perturbations au sein de son premier ménage. Sa seconde épouse est gendarme et joue dans l’orchestre des « Sirènes de Guinée ». Le temps passe et ne semble pas retirer la douceur et la bonhomie du visage de Baba. L’année s’achève, le garçon a bien grandi et il est déjà temps de retourner au village pour les vacances.

- « Choisis-toi un ami... » (1996) de Mamadou Keïta
Mario écope de vingt ans de réclusion parce que son ami Mouss refuse de se dénoncer pour un meurtre qu’il a commis. A sa sortie de prison, Mario veut retrouver Mouss, qui vit, depuis lors, avec le remords de sa faute.

- « Dakan » (1997) de Mohamed Camara
Deux lycéens[réf. souhaitée], Sorry et Manga, sont amoureux l’un de l’autre. Mais leur amour est mal accueilli par leur famille. Sorry cède aux pressions, il se marie et a un enfant. Manga doit, de son côté, voir un marabout pour qu’il le délivre de sa passion incompréhensible. Il rencontre une jeune Française avec qui il se lie d’amitié.

- « Le Onzième Commandement » (1998) de Mama Keita
L’auteur d’un meurtre refuse de se dénoncer, ce qui a pour conséquence la condamnation d’un de ses amis. A sa sortie de prison, 20 ans plus tard, celui-ci part à la recherche de son ancien copain.

- « I.T. - Immatriculation temporaire » (2001) de Gahité Fofana
Mathias est ne en Guinee, a Fria, dans les annees soixante. Fria a ete construit a cette epoque, par Pechiney, pour exploiter la bauxite. Les Lenault, parents de Mathias, etaient un des nombreux couples d’expatries francais. Mathias a quitte la Guinee sept jours apres sa naissance, en compagnie de sa mere. Mathias est metis, M. et Mme Lenault ont toujours ete blancs.

- « Paris selon Moussa » (2003) de Cheik Doukouré
Arrivé en France par le billet de son village pour acheter une motopompe pour ses parents agriculteurs, Moussa se fait voler la moitié de l’argent qui lui a été confié. Il se retrouve alors dans une situation totalement inattendue et notamment parmi des sans-papiers africains qui occupent une église.

-  « Fleuve » , Le (2003) de Mama Keita
Après avoir vengé la mort de son meilleur ami en commettant un meurtre, un homme retourne dans son pays natal, la Guinée.

- « Be kunko » (2005) de Cheick Fantamady Camara
Tom, John, Assatou et Dady on fuit la guerre, ils arrivent dans un camp de transit en Guinée Conakry, en compagnie de Mémé. Très vite la vie s’organise. Malgré l’autorité de Mémé, le groupe d’adolescents s’est intégré rapidement dans les mauvais coups, les braquages, la prostitution trop facilement accessibles pour résister à la tentation de l’argent facile.

- « Un matin bonne heure » (2006) de Gahité Fofana.
Eté 1999, Yaguine Koita et Fodé Tounkara, deux adolescents guinéens en vacances, rêvent d’un avenir meilleur, d’études et d’espoir pour tous. Comme des papillons attirés par les lumières prometteuses mais illusoires de l’Europe, ils aimeraient non seulement changer leur avenir, mais celui de tous les jeunes africains. Ils conçoivent alors un projet qui, espèrent-ils attirera l’attention des dirigeants occidentaux sur les malheurs de l’Afrique.

- « Il va pleuvoir sur Conakry » (2007) de Cheick Fantamady Camara
Bangali alias BB est un journaliste caricaturiste moderne et progressiste. Son père Karamo ainsi que son frère aîné Amine sont plutôt rompus à la pratique religieuse et au respect des traditions ancestrales. BB est amoureux de Kesso, mais ne peut la présenter à son père, parce que celle-ci est une informaticienne née d’une famille de classe moyenne, et ne correspond pas au genre de femme qu’il est supposé lui souhaiter comme épouse. Depuis plusieurs semaines, la sécheresse sévit à Conakry, capitale de la République de Guinée. Dans ce contexte, le pouvoir politique tient secret un bulletin météo favorable et
profite de la situation pour renforcer, par un malin subterfuge, ses relations avec les dignitaires religieux. En effet, pour accentuer l’influence des membres du clergé sur la population afin d’en profiter pendant les futures élections, le ministre des cultes leur offre une enveloppe et leur demande de prier la divine providence pour faire tomber la pluie.
BB comprend la supercherie et dénonce, contre l’avis de son patron, les faits dans le journal L’Horizon pour lequel il travaille. Un conflit ouvert naît alors quand Karamo apprend par ce journal que c’est son propre fils BB qui est à l’origine de cette critique mal venue et de mauvais goût. Par ailleurs, la grossesse annoncée de Kesso à ce moment vient exacerber cette situation déjà tendue, car pour Karamo, un enfant né hors mariage est un bâtard qui salirait la lignée familiale. Sur fond de conflit de génération, d’opposition de points de vue et de fragile équilibre familial, un drame est donc inévitable.

- « Sourire du serpent », le (2007) de Mama Keïta
La nuit, dans une rue mal éclairée, Marion, une prostituée, attend le dernier bus qui tarde à arriver. Elle ignore que la conductrice a été assassinée.

- « Safiatou » (2020) de Bobo Hérico
Safiatou est le prénom d’une jeune femme guinéenne qui vivait à la campagne avant d’être contrainte de s’installer dans la capitale. Elle y découvrira les vices de la ville, des pratiques sexuelles inconnues et l’incompréhension de la société qui l’entoure.
Partir de sa campagne, c’est quitter une vie tranquille où les valeurs ancestrales n’ont pas changé. Mais quand des jeunes femmes de la ville viennent recruter de nouvelles personnes, Safiatou en fait partie. On lui parle de travail, de bonnes conditions de vie et la possibilité de s’épanouir.
Une fois en ville les filles doivent travailler, non pas à l’usine ou dans une entreprise, mais dans « une maison de tolérance ». De tolérance ? Oui, on appelle ça aussi « maison close » ou « bordel ». Et ce n’est qu’une première étape. Si elle n’échange pas son corps contre de l’argent dans ce cadre protégé, elle sera trainée à le faire dans la rue. Elle y croise donc des maquerelles, des clients, d’autres filles de la campagne contraintes à la prostitution et à une vie honteuse. Elle y survit en tentant de garder ses valeurs et de protéger sa vie future. L’histoire se termine bien.