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Le Nanar de août 2020 : "Les Travaux d’Hercule"

  • Mis à jour : 2 août

« LES TRAVAUX D’HERCULE »

FICHE TECHNIQUE

Titre original : « Le fatiche di Ercole »
Réalisation : Pietro Francisci
Assistants à la réalisation : Ettore Mattera, Pietro Nuccorini
Chorégraphie : Gisa Geert
Photographie : Mario Bava
Son : Renato Cadueri, Giulio Tagliacozzo
Montage : Mario Serandrei
Musique : Enzo Masetti
Direction musicale : Carlo Savina
Pays d’origine : Italie / Espagne
Dates de sortie : Italie : 20 février 1958 _ France : 22 avril 1959

DISTRIBUTION

Steve Reeves (VF : Jean-Claude Michel) : Hercule
Sylva Koscina (VF : Marcelle Lajeunesse) : Iole fille de Pélias
Fabrizio Mioni (VF : Hubert Noël) : Jason
Gianna Maria Canale (VF : Paule Emanuele) : Anthéa, reine des Amazones
Gabriele Antonini : Ulysse
Ivo Garrani (VF : Jean Davy) : Pélias
Arturo Dominici : Eurysthée
Mimmo Palmara (VF : Michel Gudin) : Iphitos
Lydia Alfonsi (VF : Lita Recio) : la sibylle
Aldo Fiorelli (VF : Jean Violette) : Argos
Gino Mattera (VF : Roland Menard) : Orphée
Walter Grant/Gian Paolo Rosmino (VF : Paul Ville) : Esculape
Afro Poli (VF : Pierre Morin) : Chiron
Gina Rovere : la première Amazone

SYNOPSIS

Après avoir affronté le lion de Némée qui terrorisait la région, Hercule s’embarque avec Jason à la recherche de la Toison d’or pour permettre à ce dernier de reconquérir le trône de Thessalie.

AUTOUR DU FILM

Pour promouvoir le film aux États-Unis, le producteur Joseph E. Levine a innové à l’époque en mettant au point une campagne publicitaire audiovisuelle par « saturation », utilisant plus de 600 visuels d’Hercule (un investissement coûteux et inhabituel de 120 000 $). Une procédure devenue courante de nos jours pour la promotion de productions cinématographiques prestigieuses.

CRITIQUES
Ref . Ciné Critique

A la fin des années 50, le cinéma populaire italien s’intéresse aux récits à l’antique, les scénaristes vont piller leurs sujets dans la mythologie grecque et l’Histoire romaine, après tout c’est leur Histoire, et Hercule va s’y tailler la part du lion, à peu près à égalité avec Maciste, le colosse intemporel découvert à l’époque du muet. Jusqu’au milieu des années 60, on verra des Apollons au torse luisant et aux muscles saillants sanglés dans leur pagne antique, des sirènes virginales et souvent très glamour drapées dans des tenues légères, des barbons incarnant de vieux rois tyranniques et des traîtres au faciès adéquat revêtus de toges chatoyantes, dans un festival de décors baroques dont les infrastrutures infinies de Cinecitta offraient un riche écrin.

Lorsque le film se lance, on est assez angoissé à l’idée de retrouver ce vieil Hercule musculeux et huilé. Dès le départ, son introduction est terrible. Une femme en détresse, Hercule arrive, arrache un arbre et la sauve. Un sourire charmeur plus tard, il est écrit qu’elle finira dans ses bras.

Kitch, ce péplum italien l’est. Pouvait-il seulement en être autrement ? La musique de Maseti est typique de ce sous genre, très présente et agrémentée de chants de marins italiens tout à fait charmants. Notre Hercule - Héraclès devait être trop difficile à porter - est aussi caricatural que Reeves. Beau, barbe impeccable, plastique huilée à souhait, bronzage nec plus ultra, le demi-dieu a suivi des cours de philosophie, de diction et de rhétorique.


Hercule à la barre

Le vocabulaire est ciselé et il est touchant d’écouter le héros s’adresser au roi usurpateur. Implacable vis à vis des méchants, noble jusqu’au plus fond de son âme, Hercule-Reeves a la vertu farouche. Plus proche d’un preux chevalier du XIIè siècle en jupette que du héros mythique qui était en proie aux pires tourments - les femmes par exemple qu’il voulait finissaient, de gré ou de force dans son lit -, Hercule-Reeves bondit, philosophe et castagne au milieu d’un casting impeccable. Les femmes sont de très beaux stéréotypes des années 50-60, à l’image de Gianna Maria Canale en reine amazone ou de Sylva Koscina, tout à fait délicieuse en Iole, fille de Pélias. Le travail des costumes est tout à fait satisfaisant, les décors sont de qualité pour une telle production et, ma foi, ces tissus au plus près des peaux évoquent un érotisme bon enfant tout à fait agréable.

Le scénario tient la route pour peu que l’on aime les mixer SEB - c’est bien -. Diverses légendes ont été rassemblées pour offrir un spectacle d’1h30. Des 12 travaux il n’en reste que deux, un soupçon d’Argonautes, une touche d’Amazones (pour être franc la séquence est assez foireuse quant à son écriture) , un poil de trahison et nous voilà embarqué dans une série B divertissante, à défaut d’être grandiose. Loin du chef d’œuvre que sont les aventures de Jason et les Argonautes de 1963, cette première virée herculéenne n’en reste pas moins sympathique. La photo est très belle, certains plans de haute volée et l’évocation divine à grand renforts de nuages et de rayons de soleil, juste.