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Le Nanar de octobre 2020 : " Hercule contre les mercenaires"

  • Mis à jour : 1er octobre

Suite au visionnage de l’excellent documentaire "Péplum : muscles, glaives et fantasmes" diffusé vendredi 26 mars 2019 qui m’a bien fait rire je vais vous envoyer lors des prochains mois une série de péplum tous plus nanars les uns que les autres.
Cinécandide

« Hercule contre les mercenaires » (L’Ultimo Gladiatore) est un film italien réalisé par Umberto Lenzi, sorti en 1964.

HERCULE CONTRE LES MERCENAIRES

SYNOPSIS
En l’an 41 de l’ère chrétienne. Hercule a été ramené à Rome comme esclave avec sa fiancée Hena. Devenu gladiateur grâce à son avantageux physique, il triomphe dans l’arène et attire l’attention de l’ambitieuse Messaline, tante de l’empereur Caligula, lui aussi subjugué par cet esclave doté d’une force réellement prodigieuse. Avide de pouvoir et très jalouse, Messaline complote avec son amant Silius afin de mettre sur le trône son mari, Claude, un vieillard complètement sénile. Pour arriver à ses fins, elle demande de l’aide à Hercule, mais celui-ci refuse. De ce fait, Messaline fait emprisonner Ena, la fiancée d’Hercule, pour obliger l’homme à accepter la proposition…

FICHE TECHNIQUE
Titre original :« L’Ultimo Gladiatore »
Titre français : Hercule contre les mercenaires
Réalisation  : Umberto Lenzi, assisté de Viktor Tourjanski
Musique : Carlo Franci
Pays d’origine : Italie
Durée : 98 minutes
Dates de sortie : Italie _ 27 juin 1964 / France _ 21 octobre 1964
Distribution :

  • Richard Harrison : Hercule (Glaucus en VO)
  • Lisa Gastoni (VF : Claire Guibert) : Messaline
  • Marilù Tolo : Ena
  • Philippe Hersent (VF : Fernand Fabre) : Claudio

CRiTIQUE
Vrai péplum sans demi-dieu à l’intérieur, Hercule contre les mercenaires est une arnaque sur tous les plans et un spectacle d’un ennui vraiment mortel.

Un péplum, sinon rien !

En 1964, le réalisateur Umberto Lenzi sacrifie à la mode du péplum, lui qui était bien plus à l’aise dans le cinéma d’aventures. Effectivement, « Hercule contre les mercenaires » s’avère être son unique incursion dans un genre qu’il ne semble pas vraiment porter dans son cœur. Toutefois, en bon artisan, Lenzi finit par accepter de tourner ce péplum qui s’insinue au cœur d’une production pléthorique puisque l’année 1964 constitue l’apogée du genre en terme quantitatif plus que qualitatif.
Il est d’ailleurs important de signaler que le producteur et distributeur français (Les Films Jacques Leitienne) se livre à un détournement pour le moins douteux en apposant le nom Hercule sur une œuvre qui ne parle jamais du demi-dieu. Effectivement, le personnage incarné par Richard Harrison se nomme en réalité Glaucus en version originale. Par un curieux tour de passe-passe, son nom devient Hercule en version française, histoire de corroborer un titre d’exploitation totalement mensonger.

Une veine historique et non mythologique

Point d’Hercule donc dans ce long-métrage qui s’intitule « L’ultimo gladiatore » et dont la source d’inspiration cinématographique principale est à chercher du côté du « Spartacus » de Stanley Kubrick, dont Lenzi pastiche même une séquence entière dans l’arène. Il ne faut donc pas chercher ici d’aventures mythologiques puisque le script très (trop ?) sérieux s’insère plutôt dans une veine historique. Il s’agit de raconter les multiples stratagèmes politiques qui ont amené au meurtre de l’empereur Caligula et à l’établissement de son successeur Claude, le tout au premier siècle après Jésus-Christ.

On notera d’ailleurs que les auteurs ont tenté de coller d’assez près aux connaissances historiques disponibles à l’époque, tout en sacrifiant tout de même aux clichés en vigueur sur Caligula et Messaline. Toutefois, en toute honnêteté, ce sont les passages qui décrivent par le menu les abus de pouvoir et d’autorité des deux personnages pervers qui éveillent vaguement notre attention durant la première demi-heure d’un spectacle qui souffre de l’absence d’un héros charismatique.

Des héros sans relief
Effectivement, l’échec patent d’Umberto Lenzi vient du manque cruel de caractérisation des personnages positifs, absolument sans intérêt. Ainsi, Richard Harrison livre une prestation déplorable au possible, lui qui pouvait être très à l’aise dans l’aventure, mais paraît peu à sa place dans un péplum musclé.

Même la jolie Marilù Tolo semble perdue, n’ayant rien à jouer. Finalement, on ne retiendra du film que les prestations très honorables de Lisa Gastoni, parfaite Messaline, et de Charles Borromel qui s’en donne à cœur joie en Caligula pervers.

Perdue au cœur d’une intrigue de palais aussi enthousiasmante qu’un plat de brocolis sans sel, l’action n’est même pas intéressante à suivre, car dépourvue d’enjeux. On a vraiment l’impression qu’Umberto Lenzi s’est acquitté de sa tâche sans aucun goût pour le script qu’il devait illustrer.

Dépérir ou dormir, il faut choisir !
On ne retiendra donc rien de ce spectacle vieillot et dépourvu de charme, si ce n’est qu’il illustre à merveille la décadence d’un genre usé jusqu’à la corde et voué à disparaître dans les deux ans qui suivirent. Pour les amateurs du cinéma d’exploitation de Lenzi, il faut bien mieux s’attarder sur ses sympathiques films d’aventures exotiques, nettement plus agréables à suivre que ce bloc d’ennui qui fut sanctionné à l’époque par un bel échec commercial.

Critique de Virgile Dumez