Le cinéma du Togo

  • Mis à jour : 5 février

CINEMA DU TOGO

1. HISTORIQUE

1.1. Début du cinéma

À la naissance du cinématographe, le Togo venait juste d’être occupé par les Allemands et, en 1895, l’actuelle capitale, Lomé, n’était alors qu’un bourg de pêcheurs qui comptait environ 3000 habitants dont 67 blancs. Si l’absence de culture de l’écrit en cette région, et la faible présence occidentale durant deux décennies encore, compliquent la tâche du chercheur, il semble avéré que les premiers films tournés sur ce territoire le seront par un Allemand, Hans Schomburgk, au cours de deux expéditions des années 1913 et 1914.

Le financement de ses prises de vues sera assuré par un Autrichien, Anton Codelli. Il assurera également en octobre 1913 des projections non commerciales auprès des populations, et privées en faveur des autorités allemandes, mais il faudra attendre 1916 pour que deux Français, exploitants ambulants longeant la côte, y assurent les premières projections publiques payantes de cinéma.

1.2.

2. FILMS TOGOLAIS

2.1. Ashakara

« Ashakara » est un film de fiction, « thriller » politique tourné au Togo en 1991 par Gérard Louvin (réalisateur franco-suisse). Coproduction à petit budget (environ 1 million US$) réunissant la Suisse, la France, le Togo et le Burkina Faso, il a connu une belle carrière internationale, notamment en Afrique, où il est perçu comme un film culte, mais aussi au Brésil, en Chine, aux États-Unis, au Canada et en Europe francophone.

Synopsis
Un médecin africain (Dr Kara) veut produire un médicament contre une grave maladie, à partir d’un remède traditionnel dont il a reconnu l’efficacité. Au même moment, une société pharmaceutique européenne sort contre la même maladie un remède très coûteux. Koffi, l’assistant désargenté du Dr Kara va le trahir pour servir les intérêts de la multinationale, tandis que Jérôme Blanc, le chercheur – métis – envoyé par la multinationale pour tenter d’acheter le médicament va s’enthousiasmer pour le projet du Dr Kara et l’aider contre son propre patron… Ce d’autant plus que les deux filles du Dr Kara sont fort jolies. Finalement, Jérôme Blanc force son patron à financer la commercialisation du remède à bon marché, au moins en Afrique.

2.2. Togo 2005 : Autopsie d’une succession

« Togo 2005 : Autopsie d’une succession » est un documentaire du réalisateur togolais Augustin Batita Talakeana. Il revient sur les bouleversements traversés par le Togo après le décès du président Eyadema.

Synopsis
La mort subite du président Eyadema survenu le 5 février 2005 a été le point de départ d’une grave crise socio-politique au Togo. L’émotion et la peur ont conduit les acteurs politiques à des dérapages constitutionnels en vue d’assurer sa succession. Ces erreurs politiques commises à la fois par les Forces armées togolaises, le parlement, le Gouvernement et les leaders des partis politiques de l’opposition radicale ont eu des conséquences désastreuses sur la vie des Togolais. Après l’élection du 24 avril 2005 sanctionnée par la prise du pouvoir de Faure Gnassingbé, différents rapports font état de graves violations des droits de l’homme et des libertés publiques.

2.3. The Blooms of Banjeli

« The Blooms of Banjeli » est un moyen métrage documentaire togolais réalisé par Carlyn Saltman et sorti en 1987. Il est consacré aux procédés traditionnels de la fonte du fer dans le village togolais de Banjeli.

Synopsis
Carlyn Saltman et deux historiens (Candice Goucher et Eugenia Herbert) se rendent en 1985 dans le village togolais de Banjeli pour enquêter sur la technologie et les usages traditionnels liés à la fonte du fer. Ils utilisent des images tournées dans ce même village en 1914 pour les comparer avec la situation soixante-dix ans après. Le procédé traditionnel n’est plus utilisé, mais un vieil homme qui l’a connu le reconstitue pour eux en les autorisant à le filmer. Le documentaire détaille non pas seulement la technique elle-même, mais aussi le rituel et les différents usages associés à ce processus et destinés à garantir son bon déroulement. Ces coutumes consistent en un rituel mais incluent aussi des usages concernant les rôles genrés des hommes et des femmes, notamment des interdits sexuels

3. REALISATEURS ET REALISATRICES TOGOLAIS

3.1. Marcelin Bossou

Marcelin Bossou de son vrai nom Bossou-Hunkali Akakpo Massinou est un réalisateur1, scénariste et producteur de cinéma togolais. Il est aussi fondateur et directeur général de Marbos Productions Sarl-U3 situé à Lomé (Togo).
Bossou-Hunkali Akakpo Massinou est né le 3 mai 1984 et grandi à Lomé (Togo) , il a débuté en tant que mannequin, parce qu’il était très passionné de la photo et de la mode. C’est après qu’il s’est intéressé au cinéma, parce que son père fut directeur d’une troupe de théâtre, ce dernier l’emmena pour jouer des sketch à la télévision. Il étudie les télécommunications en Côte d’Ivoire où il décroche un Brevet de Technicien Supérieur. De retour au Togo, il travaille pour Radio Télévision Delta Santé, une chaîne de télévision privée, d’abord en tant que chef technique puis en tant que réalisateur.
En 2008, il entre à l’École Supérieure des Arts Visuels (ESAV) de Marrakech au Maroc où il a obtenu sa licence en études Cinématographiques, option Réalisation, en 20126. Suite à cela, il réalisa son film de fin d’études « Nuit de noces » qui lui a permis de participer à plusieurs festivals.
Avec son troisième court métrage « Les deux frères », il remporte le prix de la meilleure photographie au festival CLAP IVOIRE en Côte d’Ivoire en 2015. il enseigne régulièrement l’analyse de films, l’écriture et la technique à l’École supérieure de cinématographie (ESEC) de Lomé.

3.2. Sanvi Panou
Sanvi Alfred Panou, né à Lomé le 15 juillet 1945, est un comédien, réalisateur, producteur et distributeur bénino-togolais.

Ancien élève du cours Simon de Paris, Sanvi Panou fonde dès 1990 le cinéma La Clef-Images d’Ailleurs, premier espace cinématographique entièrement consacré aux films de la diversité. Images d’Ailleurs est classé cinéma Art et Essai.
Homme de poésie, Sanvi Panou fut le premier slameur africain sur le label Saravah de Pierre Barouh en 1970, accompagné par le célèbre groupe surréaliste américain de free jazz Art Ensemble of Chicago.
Avec la maison Orisha, Sanvi Panou commence sa carrière de producteur et réalisateur. En 2000, la société O-Lympide verra le jour au Bénin. Cette maison de production et de distribution cinématographique a pour vocation de promouvoir le cinéma et les cinéastes africains.
En 2005, Sanvi Panou fut nommé président du jury du Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (FESPACO).

3.3. Angela Aquereburu

Angela Aquereburu est née en 1977 au Togo. Elle effectue une partie de sa scolarité dans son pays natal puis à Pointe-à-Pitre, en Guadeloupe (île dont sa mère est originaire). Elle poursuit par des études de commerce à Paris, à l’ESCP. Elle travaille ensuite en France dans la gestion des ressources humaines, et se marie.
En 2009, elle et son mari, comédien, reviennent au Togo et s’installent à Lomé. Ils y fondent une société de production audiovisuelle, intitulée Yobo Studios. Ils créent un pilote d’une série humoristique consacrée aux taxi-motos, « Zem », qui devient une mini-série de 26 épisodes de 5 minutes, co-produite par Canal + Afrique.

D’autres séries suivent, notamment « Palabres » , sur des trentenaires africains, ou encore « Mi-temps », autre série humoristique sur un format court, diffusée pendant l’Euro 2016. Des formats plus longs sont également réalisés comme la série « Hospital IT ». Produite à partir de 2016, cette série d’épisodes de 26 minutes raconte le quotidien d’une unité de soins africaine, entre tradition et modernité, un clin d’œil là encore humoristique sur la singularité des villes africaines.
Elle passe également devant la caméra, en étant en particulier la présentatrice d’un magazine de TV5 Monde, Les Maternelles d’Afrique, inspirée d’une émission de France 5 qu’elle regardait en France, Les Maternelles.

3.4. Gentille Assih

Très tôt passionnée par le cinéma, elle suit une formation de base en écriture et en réalisation de documentaires de création, diplômée de l’Université de Québec à Montréal (UQAM). Ses films interrogent le registre de l’intime. Dans ses œuvres, elle n’hésite pas, quand il le faut, à aborder des enjeux tabous et difficiles à nommer ou à raconter. Sa quête : mettre en images les problématiques et les maux de la société dans l’espoir de contribuer à l’amélioration de la condition humaine, tout en montrant une vision positive de l’humain.

  • « Bidenam, l’espoir d’un village » (Fiction, 24 min, 2008), auteure-réalisatrice-productrice
  • « Itchombi » (documentaire, 52 min, 2009), auteure-réalisatrice
  • « Le Rite, la Folle et moi » (documentaire, 86 min, 2012), auteure-réalisatrice

3.5. Anne-Laure Folly

Ayele Folly-Reimann dites Anne-Laure Folly est née de Juliette Reimann et de Amah Folly, qui était producteur à OCORA et Radio France International. Elle a fait des études de droit à Paris, à l’Université de Paris II-Panthéon-Assas et a travaille longtemps travaillé comme conseillère juridique pour l’UNESCO.
Anne-Laure Folly a commencé à faire des films au début des années 1990. Elle n’a pas fait d’école de cinéma mais a été fortement inspirée par Sarah Maldoror (cinéaste française-guadeloupéenne) et Safi Faye (cinéaste et ethnologue sénégalaise).
Cette réalisatrice atypique se partage entre le cinéma et une carrière de juriste internationale spécialisée dans les questions concernant l’Afrique. Elle a réalisé une vingtaine de documentaires à caractère socio-politique en Afrique qui ont obtenu de nombreuses distinctions1. Entre 1997 et en 2006, Anne-Laure Folly a été élue au bureau de la FEPACI, la Fédération panafricaine des cinéastes.
Filmographie
1992 : Le Gardien des forces. Vidéo, 52 min, documentaire
1993 : Femmes du Niger’2’. Vidéo, 26 min, documentaire
1993 : L’Or du Liptako. Vidéo, 13 min
1994 : Femmes aux yeux ouverts. Vidéo, 52 min, documentaire
1995 : Les Amazones se sont reconverties. Vidéo, 13 min, documentaire
1996 : From the Tree to the Dugout/ Entre l’arbre et la pirogue. 52 min, documentaire
1996 : Projet sambizanga
1997 : Les Oubliées. 16 mm, 52 min, documentaire
1998 : Sarah Maldoror ou la nostalgie de l’utopie. 16 mm, 26 min, documentaire
1999 : Déposez les Lames. 25 min, documentaire